Épisode 1292 : Aura, Goatesque, Banger, Clean, Ratio, POV, Slay, Glow-up, Aberrant… Chaque jour, on est exposés à du jargon codé, parfois abscon, qui envahit les commentaires, les vidéos, les stories et qui s’installe même dans nos propres codes de langage.


Si tu bosses dans le Social Media, tu dois comprendre cette langue.
C’est la grammaire du web social.

On vous explique ce qu’elle raconte de la culture Internet.
Et surtout, pourquoi il faut la prendre au sérieux (un peu).

Une nouvelle grammaire pour une nouvelle culture

Les créateurs ont leur langage.
Il est né sur les forums, affiné sur Twitter, devenu viral sur TikTok.
Il est en perpétuelle mutation.

Exemple :
Le mot “Aura” est partout. “Ce post a une aura incroyable”. « Aura 1000 »
Sous-entendu : il dégage une vibe, une esthétique, une intention non verbalisée.

Autre exemple :
“Goatesque” = Référence au GOAT (Greatest Of All Time).
Quand quelqu’un commente “Goatesque” sous une vidéo, il ne rigole pas. C’est un hommage. Une validation.

Et bien sûr :
“Banger” = Un contenu qui cartonne.
Un tube. Une pépite. Une masterclass.

Passer en mode « try harder ».
Réussir « le clutch »

Comprendre le langage, c’est comprendre la culture

Sur les réseaux, les mots ne sont jamais juste des mots.

Quand un créateur écrit « banger » en commentaire, il ne parle pas simplement de qualité.
Il parle d’un ressenti collectif, d’un engouement partagé, d’un moment d’énergie pure.

Le lexique des créateurs, c’est une cartographie des émotions digitales.
Chaque mot ou expression devient un code culturel.

Prenons “Try hard” par exemple.

C’est devenu un synonyme de determination.
Passer en mode Try Hard, c’est ce donner du mal pour quelque chose. 

Le langage comme marqueur d’appartenance

Quand tu balances un “goatesque” sous une vidéo YouTube,
tu ne fais pas qu’exprimer ton admiration.
Tu te positionnes dans une culture.
Tu montres que tu maîtrises les codes.

Tu n’es plus juste un spectateur.
Tu deviens un participant actif de la culture web.
Un créateur à part entière.

C’est comme dans un crew, une team, une tribu.

Chaque micro-communauté du web a ses propres expressions, ses références internes.
TikTok, Twitch, Reddit, Twitter, Insta… chacun son argot.

Sur TikTok, un “POV” déclenche un univers narratif.
Sur Reddit, un “TL;DR” te situe direct dans le game des lecteurs avertis.
Sur Twitch, spammer “F” dans le chat, c’est participer à une émotion collective.

Tu comprends ? Tu fais partie du jeu.
Tu ne comprends pas ? Tu regardes depuis la fenêtre.

L’effet “inside joke”

Ce langage fonctionne comme un “private joke” à grande échelle.
Utiliser les bons termes, c’est faire communauté par le mot.

C’est un moyen de s’auto-reconnaître entre gens qui captent.
Tu dis “c’est une masterclass” et tu entres dans une conversation implicite avec les autres.

Même les fautes d’orthographe sont des codes :
Écrire “trop b1” ou “gngngn” n’est pas une erreur. C’est une intention stylistique.

POur les créateurs, développer son jargon communautaire est devenu un Life goal

Certaines expressions renvoient très clairement au créateur qui les a popularisées.
Squeezie et le fameux « C’est bon pour vous ? »

GMK et son fameux « aberrant »

Et c’est devenu un enjeu pour les créateurs et créatrice de contenu. 

Trouver un mot, une catch qui permettent de fédérer sa communauté. 

Ca fait partie du Lore d’un créateur.

Le Youtubeur Kemar et la mot « France »


« Damn ! » de Tibo InShape

Et pour les marques, on fait quoi de tout ça ?

Ces expressions ne sont pas anecdotiques.
Elles sont la bande-son émotionnelle du web social.
Les comprendre, c’est comprendre les aspirations, les références, les valeurs implicites.

Et donc, mieux parler à son audience.
Avec sincérité.
Et avec les bons mots.

ET poru les marques, faut-il parler comme un créateur ?
Est-ce qu’une marque peut se permettre de balancer un “Banger” en légende ?

Oui… mais avec des pincettes.
Parce que l’appropriation de ce langage peut vite sonner faux.

Une bonne pratique : observer les codes sans les singer.
Mieux vaut les intégrer subtilement.
Exemple : une marque comme Konbini, qui maîtrise parfaitement l’usage de ce langage sans tomber dans le cringe.

Autre exemple : Duolingo.
Leur CM parle la langue des mèmes, des créateurs, du chaos d’Internet.
Et ça marche. Le compte TikTok de Duolingo US, c’est 6,8M d’abonnés et des millions de likes.

Pourquoi c’est important ?

Parce que ces mots, ces tournures, ces vibes…
Ce sont les nouveaux outils de narration.
Ils permettent de créer du lien, de générer de l’interaction.

Et surtout, ils sont une porte d’entrée vers les sous-cultures web.
Comprendre le langage, c’est comprendre la culture.
Et donc, mieux communiquer.

Retrouvez toutes les notes de l’épisode sur www.lesuperdaily.com !

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