Épisode 1449  : Depuis un an, les réseaux sociaux sont envahis de contenus produits avec ChatGPT, Claude, Gemini ou d’autres assistants d’écriture.

Articles LinkedIn, posts d’experts, threads, newsletters… L’IA est devenue un co-pilote éditorial pour énormément de créateurs et de marques.

Le problème, c’est qu’à force d’être utilisés de la même manière — souvent avec des prompts très génériques — les textes générés commencent à se ressembler énormément.

Résultat : on voit apparaître une sorte de “style IA” reconnaissable presque instantanément.

Et quand on passe nos journées à lire du contenu sur les réseaux, on finit par repérer les signaux très vite.

Aujourd’hui on vous propose 7 indices qui permettent de reconnaître un contenu généré par IA à des kilomètres.

1 — La phrase d’ouverture en mode brochure corporate

“Dans un monde en constante évolution…”
“À l’ère du digital…”
“Dans un contexte de transformation permanente…”

Ces débuts de texte sont devenus les signatures involontaires de l’écriture assistée par IA.

Pourquoi ?

Parce que les modèles de langage ont été entraînés sur des milliards de textes marketing, corporate et académiques. Et dans ces corpus, les introductions commencent très souvent par une mise en contexte ultra large.

Le problème c’est que ce type d’ouverture :

  • est interchangeable
  • ne dit rien de spécifique
  • pourrait introduire n’importe quel sujet

Un humain qui écrit vraiment pour un réseau social va souvent faire l’inverse :

  • partir d’une anecdote
  • raconter une observation
  • poser une situation précise

Par exemple :

❌ Version IA
“Dans un monde en constante évolution, les réseaux sociaux occupent une place centrale dans la communication des marques.”

✅ Version humaine
“Hier j’ai vu un post LinkedIn généré par IA qui avait 600 likes… et personne n’avait compris ce qu’il racontait.”

La différence : le réel.

2 — L’argumentation par la négation

Autre pattern très courant :

“X n’est pas Y, c’est Z.”

Exemple :

“Supernatifs ce n’est pas une agence social media. C’est une véritable agence créative qui accompagne les marques.”

Ou encore :

“Ce n’est pas un outil, c’est un partenaire.”

Pourquoi l’IA adore cette construction ?

Parce qu’elle coche toutes les cases de la rhétorique classique :

  • contraste
  • clarification
  • repositionnement
  • effet punchline

Mais dans la pratique, ça ne dit souvent rien de concret.

C’est un peu le PowerPoint du copywriting.

Si on enlève la structure, il ne reste parfois… qu’une phrase vide.

Et c’est pour ça que cette construction est devenue un trope algorithmique dans beaucoup de contenus générés.

3 — Que du “on”, pas de “je”

Autre indice : le ton extrêmement neutre.

Les contenus IA sont souvent :

  • impersonnels
  • sans aspérités
  • sans vécu

On retrouve rarement :

  • du “je”
  • des erreurs
  • des moments de doute
  • des coulisses

Or les réseaux sociaux sont précisément devenus des espaces où le vécu et la subjectivité créent de l’engagement.

Un humain va écrire :

“On a testé ça avec un client et ça n’a pas marché du tout.”

Ou :

“Je pensais que ce format marcherait… et je me suis complètement planté.”

Les IA, elles, produisent un discours très lisse, presque institutionnel.

Pourquoi ?

Parce que les modèles ont été entraînés à minimiser le risque, la polémique et les opinions trop fortes.

4 — Les connecteurs logiques à la chaîne

“Cependant…”
“En outre…”
“Par conséquent…”
“Comme nous l’avons vu…”

Les IA adorent hyper-structurer les textes.

Elles cherchent en permanence à montrer qu’il existe :

  • une progression logique
  • une démonstration
  • un raisonnement clair.

Le problème c’est que ça donne souvent un texte trop académique pour les réseaux sociaux.

Petit test très simple :

Si tu supprimes tous les connecteurs logiques et que le texte reste parfaitement compréhensible, c’est qu’ils ne servaient probablement à rien.

Ils étaient juste là pour donner l’illusion d’une structure sophistiquée.

5 — Les mots passe-partout

Certains mots apparaissent beaucoup trop souvent dans les contenus IA. « Qui claque »

Exemples :

  • essentiel
  • crucial
  • paysage
  • dynamique
  • levier
  • transformation
  • véritablement

On est dans ce qu’on pourrait appeler le lexique managérial universel.

Des mots qui :

  • sonnent sérieux
  • donnent l’impression de profondeur
  • mais restent très flous

C’est le type de vocabulaire qui permet de produire un texte qui pourrait parler de marketing, de RH, de SaaS ou de développement personnel… sans rien changer.

Petit indicateur très simple :

Si ton texte peut servir à vendre :

  • une assurance
  • un logiciel B2B
  • un programme de méditation

… alors il y a de fortes chances qu’il sente un peu l’IA.

6 — L’auto-récap’ inutile

Autre tic très classique : la conclusion scolaire.

“En résumé…”
“Pour conclure…”
“Comme nous venons de le voir…”

Les modèles de langage ont appris les structures classiques des dissertations et articles SEO :

  1. introduction
  2. développement
  3. conclusion qui résume tout.

Mais sur les réseaux sociaux, ce format est souvent inutile.

Un post LinkedIn ou Twitter n’a pas besoin d’un mini résumé final.

Les humains terminent plutôt par :

  • une punchline
  • une question
  • une image mentale
  • une idée qui ouvre la discussion.

L’IA, elle, veut souvent boucler la boucle proprement.

7 — Les questions rhétoriques en série

“Vous vous demandez comment… ?”
“Alors comment faire concrètement ?”
“La vraie question est…”

Les questions rhétoriques sont un outil classique pour relancer l’attention.

Mais l’IA a tendance à en abuser massivement.

Pourquoi ?

Parce que dans énormément d’articles marketing, c’est une technique utilisée pour créer un faux dialogue avec le lecteur.

Le problème, c’est que quand chaque sous-partie commence par une question, ça devient extrêmement prévisible.

Et c’est souvent le signe qu’on a demandé à une IA :

“Écris un article engageant.”

Conclusion

Le paradoxe est assez drôle.

Les IA sont devenues très bonnes pour écrire correctement.

Mais justement… elles écrivent trop correctement.

Pas d’aspérités.
Pas de maladresse.
Pas de vécu.

Et c’est précisément ça qui les trahit.

La bonne nouvelle, c’est que l’IA peut être un formidable outil d’aide à l’écriture, à condition de ne pas lui laisser le volant.

Les meilleurs contenus aujourd’hui sont souvent un mélange d’IA et de cerveau humain :

  • l’IA pour structurer
  • l’humain pour raconter.

Parce que sur les réseaux sociaux, ce qui marche encore le mieux… c’est l’expérience réelle.



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