Épisode 1418 : Comme chaque début d’année voici l’épisode très attendu de nos prédictions 2026 ! Vous retrouverez ici nos prédictions social media pour l’année : Camille pari sur le retour des conversations publiques et sur un recul de l’IA en créa Social Media. Thibault pense que le contenu humain va revenir sur le devant de la scène en opposition au contenu IA et que le principe de rendez-vous dans les plannings édito va être central. Adjan de son côté, pense que l’utopie d’un social media libre et ouvert sera définitivement enterrée en 2026 et que le “vibe content” et les identités maximalistes deviendront la nouvelle grammaire des réseaux sociaux.
Camille – Le retour de l’interaction publique
Après plusieurs années de déplacement des échanges vers les DM, groupes et canaux, les signaux 2025 montrent un retour en force des conversations publiques dans le feed.
Après une césure très nette entre le feed et le dark social il y a un an,, les plateformes et les utilisateurs redonnent du poids aux interactions publiques in‑feed (commentaires, réponses, fils de discussion).
Pourquoi le feed revient dans le game ?
• Les algos réévaluent la qualité d’interaction : commentaires longs, débats, réponses créateurs sont mieux pris en compte que les likes, ce qui incite les plateformes à remettre ces signaux au cœur du ranking in‑feed.
• en 2025, TikTok et instagram enregistrent une hausse du volume de commentaires par post, signe que les utilisateurs ne se contentent plus de scroller en silence.
Données récentes côté commentaires
• selon social insider, en 2025, TikTok est la plateforme avec l’activité commentaires la plus intense, avec en moyenne 66 commentaires par post, soit +73% en un an, et sur Instagram les chiffres sont à confirmer mais on parle de + 20 à 30%.
Si la plateforme reste structurellement plus « passive » et très orientée Stories/DM.
Plateformes qui poussent le conversationnel public
• TikTok structure de plus en plus ses tendances à partir de commentaires (créateurs qui répondent en vidéo aux meilleurs comments), et on peut parler des marques qui viennent reprendre possession de l’espace de commentaire à l’ancienne.
• YouTube renforce les outils de commentaires (filtres avancés, réponses audio en test élargi en 2025), pour transformer la zone de commentaires en véritable espace de discussion autour des vidéos.
Thibault – En 2026, le contenu généré par l’humain vaut de l’or
Evidemment le contenu généré par IA va définitivement augmenter en 2026.
L’IA produit vite, bien, propre… mais surtout pareil.
Résultat : ce qui devient rare, donc précieux, c’est la trace humaine.
Le contenu craft / bricolé comme résistance à l’IA
En 2026, le “fait main” va devenir un signal fort.
Des contenus moins lisses, moins parfaits, parfois même maladroits.
C’est une réaction culturelle.
Quand tout peut être généré, le moindre défaut devient une preuve d’authenticité.
2 exemples en cette fin d’année 2025, Intermarché (film animé de Noël) et Apple (pub aux marionnettes faites main) assument des productions longues, artisanales, faites par des équipes d’artistes humains, avec un recours à l’IA minimal ou purement technique.
Leur force elle réside dans l’imperfection visible (textures, gestes, marionnettes, dessins peints à la main), à rebours des visuels IA parfaits mais froids.
Plus de place au backstage
En 2026, le backstage devient plus intéressant que le message officiel.
Les audiences veulent comprendre :
- comment c’est fait,
- qui le fait,
- dans quelles conditions,
- avec quelles hésitations, quels ratés.
On passe d’une communication de façade à une communication de processus.
Le “work in progress” devient un contenu en soi.
L’IRL en force : quand les marques réapprennent à créer du lien tangible
Plus le digital devient artificiel, plus le réel reprend de la valeur.
En 2026, l’économie de l’attention va basculer du digital vers le physique
Le constat est simple : le digital est devenu un marché d’abondance : trop de contenu, trop de concurrence, trop de sollicitations.
À l’inverse, l’IRL fonctionne comme un marché de rareté. Un événement physique ne peut accueillir qu’un nombre limité de personnes, créant mécaniquement de la valeur par l’exclusivité et le FOMO (fear of missing out).
Cette rareté intrinsèque rend l’IRL incomparablement plus mémorable et engageant que n’importe quel post Instagram.
En 2026, on va voir exploser les événements, rencontres, expériences physiques, communautés locales.
Les marques cherchent à recréer du souvenir, du vécu, du partage.
Et surtout, l’IRL nourrit le social media. En 2026, les meilleurs contenus viennent peut-être du terrain.
Adjan – L’utopie d’un social media libre et ouvert sera définitivement enterrée en 2026
🧨 Le contexte
2026 marque une accélération brutale de la politisation des réseaux sociaux. À l’approche des municipales en France (2026) et de la présidentielle (2027), les plateformes deviennent des outils d’influence, d’ingérence et de clivage politique.
🏛️ Les plateformes prennent parti
- X est désormais un média politique, façonné par l’idéologie d’Elon Musk.
- Zuckerberg affiche publiquement ses accointances avec Trump.
- L’UE se méfie de TikTok et de son ADN chinois.
- Les tensions entre Europe et US s’aggravent : Ukraine, Groenland, données, souveraineté numérique.
📊 La régulation en 2026 : de la théorie à l’application concrète
Plusieurs initiatives clés montrent que la régulation devient un outil de politique publique, pas seulement de protection des consommateurs :
- L’Union européenne prépare des textes ambitieux pour 2026, comme une version avancée de la Digital Services Act (DSA) et un cadre autour de la Digital Fairness Act, visant à limiter l’usage des données pour la publicité ciblée.
- La nouvelle régulation sur la transparence et le ciblage des publicités politiques (Règlement EU 2024/900) introduit des règles strictes de transparence pour la publicité politique, applicables jusqu’en 2026 — signe que l’UE considère désormais les réseaux comme des canaux politiques à part entière.
- Aux États‑Unis, des lois comme le Protecting Americans from Foreign Adversary Controlled Applications Act montrent l’effort de contenir l’influence de plateformes comme TikTok sur la sécurité nationale.
👉 Conséquence : en 2026, la régulation ne se contente plus de protéger des contenus nuisibles, elle structure les mécanismes mêmes de la communication politique : qui peut cibler qui, comment, et avec quelles contraintes.
Les réseaux sociaux ne sont plus des zones neutres
La recherche et les institutions politiques ont déjà documenté que :
- Les plateformes augmentent les risques de désinformation, polarisation et manipulation politique, ce qui mène à une perte de neutralité perçue des réseaux.
- Les régulateurs européens souhaitent étendre leur cadre juridique pour encadrer le contenu (dont les discours politiques).
👉 Conséquence : ce n’est plus seulement une volonté de limiter les contenus nuisibles, mais de redéfinir qui décide de ce qui est acceptable, comment et pour quels publics
📌 Conclusion de la prédiction
En 2026, l’idée d’un « social media libre et politquement neutre » sera définitivement enterrée. Les réseaux sociaux seront, plus que jamais :
- Intégrés dans les stratégies politiques nationales et internationales
- Soumis à des cadres réglementaires forts
- Des terrains de bataille pour la transparence, l’intégrité électorale et la souveraineté numérique
➡️ Ce changement structurel montre combien les plateformes sociales sont devenues des acteurs de pouvoir à part entière — non plus seulement des outils de partage, mais des forces politiques influentes dans le monde réel.
Camille – L’IA VA MOINS NOUS ÉMERVEILLER
On n’est pas sur un arrêt de la croissance de l’IA en 2026, plutôt sur un palier entre expérimentation massive et vraie transformation des usages.
Les outils nous ont montré 95% de ce qu’ils pouvaient faire sur les réseaux.
Creativement on est déjà ultra loin, Sora, Nani banana vont se démocratiser tranquillement mais pas d autre révolution visuelle majeure.
Techniquement , les plateformes vont continuer d’intégrer des outils d’accompagnement, de modération et s’aligner entre elles mais pareil on ne découvrira rien de nouveau.
Thibault – En 2026, le contenu est distribué en épisode et sur rdv
Après des années de scroll infini, on voit émerger une fatigue du flux.
Toujours plus de contenus, toujours plus vite, toujours plus oubliables.
En réaction, le public commence à redonner de la valeur à ce qui s’inscrit dans le temps.
En 2026, c’est peut-être la fin du contenu jetable
Le post unique, pensé pour performer 24 heures, montre ses limites.
Il capte l’attention, mais ne crée ni attachement, ni habitude.
Les audiences cherchent autre chose :
- des formats qu’on reconnaît,
- des mécaniques qu’on attend,
- des rendez-vous qu’on identifie.
Le contenu devient moins événementiel, plus relationnel.
Le retour du format épisode
Comme les séries, les podcasts ou les newsletters, le social media adopte une logique de saison.
Un épisode, ce n’est pas juste un contenu.
C’est une promesse : “si tu reviens, tu retrouveras quelque chose de familier”.
Épisode 1, épisode 2, épisode 3…
On crée de la continuité, du contexte, une narration étalée dans le temps.
Le contenu sur rendez-vous : recréer l’attente
Le “quand” redevient aussi important que le “quoi”.
Un live chaque semaine. Une vidéo tous les lundis.
Un format court tous les matins à 8h30.
Le rendez-vous crée un réflexe. Il installe une habitude.
Dans un environnement saturé, le RDV devient une force.
Les algorithmes suivent, mais l’usage précède
Ce mouvement ne vient pas des plateformes, il vient des utilisateurs.
Les créateurs qui fonctionnent le mieux aujourd’hui :
- annoncent leurs prochains épisodes,
- teasent la suite,
- jouent avec le “à suivre”.
Les algorithmes amplifient ensuite ce qui crée de la rétention.
Le contenu pensé comme une série performe mieux qu’un contenu isolé.
Adjan – En 2026, le “vibe content” et les identités maximalistes deviennent la nouvelle grammaire des réseaux sociaux
En 2026, le social media bascule définitivement.
On ne scrolle plus pour “voir de beaux contenus”, on scrolle pour ressentir quelque chose.
Après dix ans de feeds lisses, optimisés, propres, parfois interchangeables, une nouvelle logique s’impose : le vibe avant le message. Les contenus ne cherchent plus à convaincre, expliquer ou informer. Ils cherchent à installer une ambiance, une émotion, une énergie reconnaissable en une demi-seconde.
Le “vibe content”, c’est quoi exactement ?
C’est un contenu pensé comme une ambiance sensorielle avant d’être un message clair.
Moodboards, collages, playlists, “day in my life” ultra émotionnels, vidéos esthétiques où il se passe peu de choses… mais où tout se ressent.
La musique, la colorimétrie, les textures, les références culturelles deviennent plus importantes que le storytelling classique.
On ne retient pas forcément ce qui est dit, mais on se dit :
“Ce contenu me ressemble. C’est exactement mon mood.”
Et ça suffit.
Pourquoi les identités maximalistes explosent
Pendant des années, le minimalisme a été la valeur refuge : beige, clean, safe, universel.
Mais à force de vouloir plaire à tout le monde, plus personne ne se distinguait vraiment.
En 2026, on assiste à une réaction presque politique :
le “more is more” devient un acte d’affirmation.
Couleurs saturées, typos fortes, collages, chaos maîtrisé, références Tumblr, Y2K, magazines 90s, nostalgie digitale.
Ce n’est pas du bruit gratuit : c’est une manière de dire “voilà qui je suis” dans un feed saturé de contenus neutres, souvent générés par IA.
Plus les plateformes se remplissent de contenus lisses et efficaces, plus le trop-plein devient mémorable.
Des codes visuels… mais surtout culturels
Le vibe content repose sur des codes très marqués :
- Visuels : palettes ultra vives, superpositions, glitch, textures, stickers, dopamine colors.
- Narration : ton intime, parfois ironique ou dramatique, private jokes, références de niche, fandoms, sous-cultures, villes, diasporas.
On ne cherche plus la compréhension universelle.
On cherche la connivence.
Si tu comprends, c’est que tu fais partie du monde.
L’identité maximaliste est une identité située
En 2026, les créateurs et les marques qui émergent ne sont pas “neutres”.
Ils parlent depuis un endroit précis.
Une culture.
Une ville.
Une niche.
Un vécu.
“Fille de la diaspora malienne à Paris”,
“Ultra corporate mais fan de K-dramas”,
“Nerd de reggaeton mexicain”.
Ces identités très situées deviennent des signatures.
Le compte n’est plus une page, c’est un univers cohérent : musique, montage, humour, design, rythme, références. Tout raconte la même histoire.
Et c’est exactement ce que recherchent les marques en 2026 :
pas de la portée, mais des mondes dans lesquels entrer.
Conclusion : en 2026, être reconnaissable vaut plus qu’être parfait
Le social media de 2026 ne récompense plus les contenus “bien faits”.
Il récompense les contenus impossibles à confondre.
Le vibe content et les identités maximalistes ne sont pas une tendance esthétique de plus.
Ce sont une réponse directe à :
- la saturation des feeds,
- l’uniformisation des formats,
- et la montée des contenus générés automatiquement.
En 2026, la question n’est plus :
“Est-ce que mon contenu est beau ?”
Mais :
“Est-ce qu’on saurait que c’est moi, même sans voir mon nom ?”
Autres prédictions
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Les lunettes connectées démocratisent le POV content
2025 marque le basculement des lunettes connectées de la niche geek au grand public.
Les Ray-Ban Meta dépassent les 2 millions d’unités vendues. C’est énorme.
Avec la démocratisation de sliunettes connectées vient celle du contenu POV.
Pendant longtemps, le POV content était un gimmick.
Un effet de style réservé à quelques créateurs très équipés ou très techniques.
En 2026, il va devenir je pense un standard.
–
Les lunettes connectées changent la nature même de la captation.
On ne filme plus une scène. On filme ce que l’on voit.
Je pense qu’on va voir exploser ls vlogs en immersion totale sur TikTok et Instagram.
Une expérience de « voir à travers les yeux » du créateur.
–
Quand la captation disparaît, le contenu devient plus vrai
Sortir son téléphone crée une rupture.
Les lunettes, non.
Elles permettent de capter :
- des moments spontanés,
- des interactions naturelles,
- des situations qui n’auraient jamais été filmées autrement.
On filme sans “filmer”.
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Les podcasts vidéo dépassent l’audio pur : 60% des auditeurs réguliers regardent désormais leurs podcasts
Le « vodcast » (video podcast) devient le format dominant en 2026. Déjà en 2025, 64% des nouveaux consommateurs de podcasts préféraient la vidéo, et la consommation de podcasts vidéo avait doublé en France selon Spotify. Cette tendance s’accélère pour plusieurs raisons : l’intégration native sur YouTube (1 milliard de viewers mensuels de podcasts), Spotify qui pousse massivement le format vidéo avec une hausse de 80% des créateurs publiant des vidéos, et l’engagement 1,5 fois supérieur des spectateurs de vodcasts vs les auditeurs audio.
Pour les marques et créateurs, cette évolution impose une montée en gamme de la production. Fini le simple enregistrement audio avec un micro basique : il faut désormais penser éclairage, cadrage, décor, langage corporel et sous-titres. Les contenus hybrides s’imposent : un épisode long sur YouTube, découpé en extraits viraux pour TikTok et Instagram Reels, avec la version audio disponible sur Spotify.
Le partenariat Spotify-Netflix annoncé pour 2026, intégrant 16 podcasts vidéo à la plateforme de streaming, confirme que le podcast vidéo sort de sa niche pour devenir un format mainstream. Les annonceurs suivent : le potentiel publicitaire explose avec des formats visuels permettant des placements produit intégrés, des QR codes cliquables et des call-to-action visuels impossibles en audio pur.
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Le grand retour des réseaux conversationnels
- Discord, Reddit, Quora et les micro-communautés (Slack, Telegram, Broadcast Channels Instagram) remontent parce qu’ils offrent ce que les grands feeds n’offrent plus : de vraies conversations, des communautés serrées, des échanges profonds.
- Discord passe du gaming aux marques (Nike, Sephora, Adobe, etc.) qui l’utilisent pour créer des espaces “chez soi” avec salons, rôles, voix, bots, où les membres co-créent de la valeur et deviennent ambassadeurs.
- Reddit explose en revenus pub (prévision 2,5 Md$ en 2026) car les moteurs et IA privilégient les discussions organiques et les témoignages utilisateurs : les marques qui gagnent sont celles qui deviennent “conversation-worthy”, pas seulement “SEO-friendly”.
- Whatsapp Chanels
- En parallèle, Instagram pousse ses Broadcast Channels : canaux de diffusion VIP, sans algorithme, pour activer un noyau dur (news en avant-première, coulisses, accès anticipé) dans une logique de micro-communauté plutôt que de reach de masse.
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