Épisode 1412 :  Adam Mosseri, patron d’Instagram, a commencé l’année 2025 avec un post très particulier.

Ce n’est pas un post de CEO classique : en mode bonne année 2026 !
Ce n’est pas une annonce stratégique.
Ce n’est pas un exercice de communication produit.

C’est presque un texte de fin de cycle.

Dans un carrousel de 20 slides posté sur Instagram, le boss de la plateforme livre un texte qui ressemble davantage à une note de journal intime qu’à une prise de parole corporate.


Un post qui pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

Adam Mosseri ne parle pas en patron de plateforme.
Il parle en observateur inquiet de l’époque.

Ce n’est pas un discours enthousiaste sur l’avenir.

C’est un constat lucide, presque mélancolique.

Le vrai risque : ne plus suivre le rythme du monde

Mosseri pose le décor très vite.
Le monde évolue trop vite.
Et Instagram pourrait ne pas suivre.

En regardant vers 2026, il identifie un basculement majeur :
l’authenticité devient infiniment reproductible.

Dit autrement.
Ce qui faisait la valeur du social media est en train de se dissoudre.

L’authenticité n’est plus un avantage compétitif


Mosseri met le doigt sur un sujet central.

Tout ce qui faisait la singularité des créateurs est désormais accessible à tous.

Créer du lien.
Avoir une tonalité unique.

Les outils d’IA permettent déjà de générer des photos, des vidéos, des voix impossibles à distinguer du réel. Les deepfakes progressent très vite.

Le paradoxe de l’IA : abondance et doute

Mosseri ne tombe pas dans le discours facile sur le “AI slop”.

Il ne caricature pas l’IA comme une vague de contenus médiocres, paresseux et sans valeur. 

Il reconnaît qu’il existe déjà des contenus générés par IA de très haut niveau. Des images, des vidéos, des textes capables de rivaliser avec des productions humaines exigeantes.

Mosseri accepte une réalité inconfortable : la qualité n’est plus un critère suffisant pour distinguer le vrai du faux.

Instagram n’est plus un feed. Et ça fait longtemps


Mosseri acte officiellement quelque chose que l’on observe depuis des années.

Le feed Instagram “classique” est mort.
Les photos carrées.
Les paysages parfaits.
Les mises en scène ultra léchées.

Les gens ont arrêté de partager leur vie personnelle dans le feed il y a longtemps.

Aujourd’hui, le vrai partage se fait ailleurs.
En messages privés. Dans les DM. Des photos floues.
Des vidéos tremblantes. 

Le moche comme signal de vérité


Mosseri va encore un cran plus loin.

Les images flatteuses sont devenues faciles à produire.
Donc ennuyeuses à consommer.

Dans un monde où tout peut être parfait, l’imperfection devient un signal. Une preuve.


Il parle du moche comme une posture défensive.

“Ceci est réel parce que c’est imparfait”.

C’est exactement ce qu’on observe sur TikTok, BeReal ou dans certains formats Reels très bruts.

Mais l’IA va aussi faker l’imperfection


C’est sans doute la slide la plus inquiétante.

Assez rapidement, l’IA saura créer n’importe quelle esthétique.
Y compris une esthétique imparfaite.
Y compris une esthétique qui “fait vrai”.

Mosseri anticipe l’étape suivante. 

Selon lui, la “signature visuelle de l’IUA” va disparaître. L’IA saura produire du grain, du flou, de l’imperfection crédible.


Selon Adam Mosseri d’ici très peu de temps, l’imperfection ne sera plus une preuve d’authenticité.

À ce moment-là, on ne pourra plus se fier à ce que l’on voit.
Il faudra se fier à qui parle.

Nous entrons dans un monde de scepticisme par défaut


Mosseri est très personnel.

Il explique qu’on ne peut plus présumer de ce qui est vrai ou faux.

Il dit « Nous allons passer d’un monde où l’on croit par défaut…
À un monde où l’on doute par défaut. »

C’est inconfortable.
Et profondément contre-nature pour notre cerveau.

L’authentification plutôt que la chasse aux fakes


Mosseri admet une limite majeure.

Les plateformes pourront identifier les contenus IA.
Mais de moins en moins bien, à mesure que l’IA progresse.

La solution ne sera pas de traquer le faux.
Mais d’authentifier le réel.

Signature cryptographique dès la prise de vue.
Chaîne de traçabilité.
Plus de contexte sur les comptes.
Qui est derrière ce contenu ?
Pourquoi parle-t-il ?

Instagram face à une mutation existentielle


Conclusion claire.

Dans un monde d’abondance infinie et de doute permanent,
les créateurs capables de maintenir la confiance sortiront du lot.

Instagram devra évoluer vite.
Très vite.

La création ne sera plus un avantage en soi.


Savoir produire une belle image, une bonne vidéo ou un contenu bien monté ne suffira plus. Ces compétences deviennent des commodités.


L’IA va rendre la production abondante, rapide et accessible à tous.
Le “bien fait” perd de sa valeur.
Le “différenciant” devient central.

Pour les créateurs, cela signifie une bascule claire.
La valeur ne sera plus dans la capacité à produire, mais dans la capacité à incarner.


Ce que tu montres compte moins que qui tu es, ce que tu défends, ta cohérence dans le temps.

La confiance devient la ressource la plus rare.

Les créateurs capables de maintenir un lien sincère avec leur audience prendront une avance considérable.


Les marques capables d’assumer une parole claire, lisible et constante sortiront du lot.

À l’inverse, les stratégies opportunistes, les contenus jetables, les campagnes sans vision de long terme perdront rapidement en efficacité.



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