Épisode 1511 : C’est lundi et on vous a préparé une veille social media pour bien attaquer la semaine !
TIKTOK FAIT LE MÉNAGE DANS SES FAUX COMPTES
On commence avec TikTok USDS (united states data security), l’entité qui gère les opérations américaines de la plateforme, vient de publier son deuxième rapport trimestriel consacré à la sécurité et à l’application de ses règles communautaires.
Le rapport couvre la période du 1er avril au 30 juin 2026.
Et les chiffres sont assez impressionnants.
Sur ces trois mois, TikTok annonce avoir supprimé 14,6 millions de faux comptes. Et la plateforme affirme avoir empêché la création de 64,8 millions de comptes de spam supplémentaires.
Mais ce n’est pas tout !
TikTok indique également avoir supprimé 781,4 millions de faux abonnés et empêché 403,2 millions de demandes d’abonnement frauduleuses.
Ça donne une idée de l’ampleur du phénomène. Parce que les faux comptes, ce n’est pas simplement un problème esthétique dans les statistiques d’un créateur ce sont surtout des risques de manipulation de l’engagement, des tentatives d’arnaque et des services qui vendent artificiellement des likes, des vues ou des abonnés.
Et pour les marques, c’est un vrai sujet notamment dans le choix des créateurs et de l’authenticité de sa communauté.
Autre point important dans ce rapport : TikTok indique avoir démantelé 30 réseaux d’influence clandestine qui cherchaient à manipuler l’engagement et l’opinion publique.
Résultat : plus de 76 000 comptes supprimés et 4,8 millions de publications associées.
Ce sujet est particulièrement sensible aux États-Unis, à l’approche des élections de mi-mandat. TikTok a d’ailleurs annoncé des initiatives spécifiques pour identifier les risques et lutter contre la désinformation électorale.
Maintenant, attention à l’interprétation : une hausse du nombre de comptes supprimés ne signifie pas automatiquement que la plateforme est devenue moins sûre. Cela peut aussi refléter une détection plus efficace, ou une activité frauduleuse plus importante. Le rapport ne permet pas, à lui seul, de trancher entre ces explications.
Mais une chose est sûre : l’authenticité des audiences reste un enjeu majeur pour TikTok, pour les créateurs et pour les annonceurs.
INFO BONUS
En Europe, TikTok a également déclaré avoir retiré environ 112 millions de contenus entre juillet et décembre 2025 pour violation de ses règles. La plateforme a indiqué que 93,8 % des contenus non conformes avaient été traités automatiquement.
On peut changer son algorithme Facebook en lui parlant
On connaît tous ce petit jeu avec les algorithmes : liker un contenu pour en voir davantage, masquer une publication, cliquer sur « ça ne m’intéresse pas »… Bref, jusqu’ici, pour éduquer son algorithme, il fallait surtout lui envoyer des signaux.
Facebook veut maintenant aller beaucoup plus loin : on va pouvoir littéralement lui expliquer ce qu’on veut voir.
Meta commence à déployer sur Facebook une nouvelle fonctionnalité appelée « Your algorithm ». Elle apparaît dans le menu à trois points à côté des publications et permet d’indiquer beaucoup plus précisément les contenus que l’on souhaite voir davantage… ou au contraire éviter.
Et surtout, Facebook ajoute un champ de texte libre. On peut donc écrire avec ses propres mots quelque chose comme : « Je veux plus de contenus sur le trail et moins de vidéos de voitures », plutôt que de simplement appuyer sur un bouton « pas intéressé ».
Facebook pourra également nous demander pourquoi une publication nous plaît ou nous déplaît. L’idée est donc de remplacer une partie des signaux implicites — likes, clics, temps passé — par des instructions beaucoup plus explicites.
Derrière tout ça, il y a évidemment de l’IA générative
Pour comprendre ces demandes formulées en langage naturel, Meta va utiliser davantage ses modèles de langage.
Jusqu’ici, Facebook expliquait surtout déduire nos centres d’intérêt à partir de nos comportements sur la plateforme. Là, on bascule vers quelque chose d’assez différent : au lieu que Facebook essaye uniquement de deviner ce qu’on aime, on peut commencer à le lui dire directement.
Et je trouve que c’est ça qui est intéressant dans cette news.
Depuis des années, les plateformes nous expliquent que leurs algorithmes sont ultra-personnalisés. Sauf que cette personnalisation restait quand même très opaque. On ne savait jamais vraiment pourquoi tel contenu apparaissait dans notre feed.
Avec cette fonctionnalité, Facebook commence à transformer son algorithme en quelque chose qui ressemble presque à un assistant avec lequel on dialogue.
On ne configure plus son feed uniquement avec ses comportements. On commence à le configurer avec des prompts.
Et forcément, si ça fonctionne bien, on peut imaginer que ce type d’interface devienne progressivement un standard ailleurs chez Meta.
META VEUT FAIRE DE MUSE UN ASSISTANT SHOPPING
Vous avez sûrement entendu parler de Muse, l’assistant d’intelligence artificielle développé par Meta.
Eh bien, Mark Zuckerberg vient de dresser un premier bilan après un petit trimestre d’itulisqton :
, Muse a été téléchargé plus de 10 millions de fois depuis son lancement auprès des utilisateurs aux États-Unis et au Canada, le
Zuckerberg affirme également qu’environ 25 % des personnes ayant configuré Muse l’utilisent quotidiennement .
Mais le chiffre le plus intéressant concerne les usages.
Selon Meta, plus de 25 % des utilisateurs de Muse demandent à l’assistant de les aider à trouver de meilleures offres ou à réaliser des achats.
Et le montant moyen d’un achat réalisé via Muse dépasserait les 200 dollars.
Alors, qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?
Il y a une place à prendre, insoupçonnée pour Meta dans la recommandation shopping.
Imaginez : au lieu de vous rendre sur plusieurs sites pour comparer des produits, vous demandez à votre assistant de trouver le bon article, au meilleur prix, et de vous accompagner dans l’achat.
L’IA ne serait donc plus simplement un outil qui vous conseille. Elle deviendrait une interface entre vous et les commerçants.
Et c’est là que l’enjeu marketing devient intéressant.
Si les utilisateurs passent par un assistant pour découvrir des produits, comparer les offres et acheter, alors la bataille de la visibilité pourrait progressivement se déplacer.
Et ce mouvement confirme le besoin pour les marques de bosser aussi leur GEO pour être être recommandées par des assistants IA.
C’est justement la direction évoquée par markito lorsqu’il parle d’un futur réseau d’agents Muse capables d’interagir entre eux. Il imagine notamment un scénario dans lequel l’assistant d’un utilisateur pourrait échanger directement avec l’agent d’un commerçant.
Attention toutefois : il s’agit d’une ambition présentée par Meta, pas d’une fonctionnalité généralisée dont on pourrait déjà mesurer l’impact sur l’ensemble du commerce.
Et il reste plusieurs défis à relever.
D’abord, la rétention. Le nombre de téléchargements ne suffit pas à prouver que les utilisateurs reviendront durablement.
Ensuite, la confidentialité. Car c’est évidemment un point sensible : un assistant shopping peut potentiellement apprendre beaucoup de choses sur les besoins, les préférences et les habitudes d’achat de ses utilisateurs.
Enfin, il y a la question économique. Si Meta parvient à faciliter des achats par l’intermédiaire de Muse, la plateforme pourrait chercher à monétiser ces transactions.
Ce qui est intéressant, c’est que Meta se retrouve une nouvelle fois face à son reve de social commerce !
https://www.socialmediatoday.com/news/meta-says-shopping-is-muses-primary-use-case/833808
Et si on devenait riche grâce aux amendes de Meta ?
Alors évidemment, il faut d’abord habiter au bon endroit.
Parce que Meta vient d’être condamné par un juge du Nouveau-Mexique à payer 25 milliards de dollars pour avoir trompé les utilisateurs de Facebook sur l’utilisation de leurs données personnelles. Une affaire directement liée au scandale Cambridge Analytica.
Pour remettre un peu de contexte : en septembre, un jury de Santa Fe avait examiné 29 déclarations faites par Facebook entre 2010 et 2021. 26 ont été considérées comme trompeuses.
Certaines provenaient directement de Mark Zuckerberg ou de Sheryl Sandberg.
Au total, le jury a retenu près de 44 millions de violations de la loi du Nouveau-Mexique sur les pratiques commerciales déloyales.
Pourquoi autant ?
Parce que les jurés ont considéré le nombre de personnes auxquelles chacune de ces déclarations trompeuses avait été adressée. Et comme le Nouveau-Mexique compte environ 2,1 millions d’habitants, le compteur monte extrêmement vite.
Et la facture aurait pu être encore plus énorme
Chaque violation pouvait théoriquement coûter jusqu’à 5 000 dollars.
Si on faisait simplement la multiplication, on dépasserait les 219 milliards de dollars.
Le juge Francis Mathew a finalement fixé la sanction à 25 milliards. Et c’est assez amusant parce que personne n’est satisfait : Meta proposait environ 3,45 milliards, tandis que l’État réclamait entre 35 et 40 milliards.
Meta devrait évidemment faire appel.
Mais il y a un détail assez spectaculaire : tant que la somme n’est pas payée, elle peut augmenter de 15 % par an, soit environ 3,75 milliards de dollars supplémentaires chaque année.
Et c’est là qu’arrive notre fantasme collectif : est-ce que les habitants du Nouveau-Mexique vont toucher un petit chèque ?
A priori, non.
Le procureur général du Nouveau-Mexique a indiqué que les pénalités devraient alimenter un fonds destiné à l’éducation dans l’État. Donc pas de jackpot individuel pour les utilisateurs Facebook.
Mais le symbole est quand même énorme.
Le Nouveau-Mexique est le seul État américain à avoir poussé le dossier Cambridge Analytica jusqu’au tribunal. Les autres États avaient réglé leurs réclamations dans le cadre d’un accord beaucoup plus large.
Et selon le procureur général de l’État, cette décision pourrait être l’un des plus importants jugements jamais obtenus par un État américain contre une entreprise.
Ce qui est assez fou, c’est qu’on parle encore aujourd’hui des conséquences de Cambridge Analytica, un scandale révélé en 2018.
Huit ans plus tard, l’affaire continue donc potentiellement de coûter des dizaines de milliards de dollars à Meta.
Salty Crew x Mad Boys Fishing : quand le street fishing rencontre la street culture
On termine avec une activation qui mélange pêche, graffiti, mode et culture urbaine. Et franchement, c’est plutôt bien vu !
La marque américaine Salty Crew, fondée à San Diego en 2013, est à la croisée du surf, de la pêche, de la plongée et de la voile. Son ADN, c’est de mélanger la culture outdoor avec un univers streetwear bien marqué.
Pour cette opération parisienne, la marque s’est associée au collectif de street fishing The Mad Boys, ainsi qu’à l’artiste Mehdi Pinson, alias DVNO, pour lancer une capsule exclusive autour de la culture de la pêche urbaine.
Et les Mad Boys, justement, c’est une histoire assez particulière. À l’origine, on retrouve Kirby et Nebar, deux amis issus de la culture graffiti parisienne. Le collectif est né dans la scène graffiti à Meaux en 1998, avant que certains de ses membres ne transposent cet esprit d’exploration dans la pêche en ville.
Leur terrain de jeu ? Les spots urbains, notamment à Paris, où la pêche devient une autre manière de s’approprier la ville.
Et cette histoire se retrouve directement dans la collection.
L’inspiration principale, c’est une légende urbaine : celle du mythique Serpent du Pont-Neuf, censé hanter les profondeurs de la Seine.
Le graphisme central représente un serpent dont le corps dessine les lettres MB, avec un hameçon dans la gueule. Un clin d’œil à Salty Crew, mais aussi à l’identité des Mad Boys.
Le style graphique, très cartoon, fait également référence aux racines graffiti du duo et à la culture du métro parisien.
Mais l’opération ne s’arrête pas à une collection de vêtements.
La marque a organisé un pop-up événementiel chez Royal Cheese, rue de Turenne, dans le Marais, pour réunir la communauté des street fishers autour du collectif.
Au programme : rencontre avec les Mad Boys, pêche et découverte de matériel, avec notamment Decathlon Fishing qui permettait aux participants de tester des équipements. Et bien sûr, la vente de cette capsule en édition limitée.
Ce qui est intéressant ici, c’est que la marque ne se contente pas de mettre son logo sur un vêtement et de publier quelques photos sur Instagram.
Elle construit une histoire autour d’une communauté qui existe déjà, avec ses codes, ses lieux, ses références et ses personnalités.
Salty Crew apporte son univers de la glisse et de l’outdoor ; les Mad Boys, eux, apportent l’ancrage parisien, la culture graffiti et cette approche exploratrice du street fishing, avec une philosophie du no-kill, qui consiste à relâcher les poissons capturés.
Et le pop-up devient le point de rencontre physique de tout cet univers.
C’est une bonne illustration d’une mécanique marketing qu’on voit de plus en plus : faire se rencontrer des communautés affinitaires plutôt que chercher simplement à toucher une audience la plus large possible.
Parce qu’au fond, ce qui donne de la valeur à cette opération, ce n’est pas uniquement le produit. C’est tout ce qu’il raconte : une histoire locale, une culture de niche et une communauté qui peut se reconnaître dans la marque.
Et quand cette rencontre se prolonge en images et en vidéos sur les réseaux sociaux, l’événement physique peut aussi devenir un véritable terrain de création de contenu.
Une collab qui fait donc le pont entre streetwear, pêche urbaine et culture parisienne, sans perdre de vue ce qui fait l’identité de chacune des parties.

