Épisode 1485 : Aujourd’hui, on va parler de mythologie. Pas des dieux grecs. Mais des dieux du foot.
La Norvège revient en Coupe du monde 2026. Ils n’avaient plus mis les pieds dans un Mondial depuis 1998. Presque 30 ans d’absence.
Et là, ils débarquent avec une génération monstrueuse. Haaland devant. Ødegaard au milieu. Un sérieux concurrent pour l’équipe de France.
Mais le plus intéressant, ce n’est pas le sportif.
C’est la façon dont ils construisent leur légende. La façon dont ils façonnent leur mythologie.
Ce matin on parle foot, vikings et stratégie de marque !
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L’équipe de Norvège en mode vikings
Le symbole. La fameuse photo “Vikings”. Si tu n’as pas vu passer ça, imagine la scène. Une plage près d’Oslo. Un fjord. Des bateaux. L’équipe nationale, pas en maillot. En Vikings. Casques, boucliers, épées, fourrures. Shootée par un photographe star, David Yarrow. Ce n’est pas une simple photo d’équipe. C’est une affiche de film.
https://www.instagram.com/p/DZMR2A0AhZp/?img_index=1
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Le terrain : une équipe qui roule sur les qualifs
La Norvège a roulé sur les qualifications. Huit matchs. Huit victoires. Trente-sept buts marqués. Cinq encaissés. Haaland finit meilleur buteur de tous les qualifs européens. Ça, c’est la partie chiffres. C’est ce que tu vois dans les tableaux de stats. Mais derrière, il y a autre chose. Un travail mental. Un travail narratif.
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Le “modèle mentale” : la boussole dans la tête
Le staff norvégien a bossé avec des experts en psychologie. Ils ont construit ce qu’ils appellent un “mental model”.
En psychologie cognitive, un modèle mentalest une représentation interne permettant de simuler mentalement le déroulement d’un phénomène pour anticiper les résultats d’une action. C’est de la projection.
En gros, les préparateurs mental de l’équipe de Norvège ont posé un cadre mental commun. Une manière partagée de voir l’équipe.
Qui on est. Comment on se prépare. Comment on réagit sous pression.
Le staff norvégien a posé le principe d’identité de l’équipe. “voilà qui on est”. “Voilà comment on veut exister dans ce tournoi.”
En gros ils ont posé une plateforme de marque.
https://www.instagram.com/p/DZM5jxiuhnz
La photo Vikings : un manifeste visuel
Et puis il y a l’image. Le symbole. La fameuse photo “Vikings”. Si tu n’as pas vu passer ça, imagine la scène. Une plage près d’Oslo. Un fjord. Des bateaux. L’équipe nationale, pas en maillot. En Vikings. Casques, boucliers, épées, fourrures.
https://www.instagram.com/p/DZMR2A0AhZp/?img_index=1
Shootée par un photographe star, David Yarrow. C’est une affiche de film. C’est un manifeste visuel.
Le message est clair. “On arrive en guerriers.” “On vient de ce pays-là.” “On assume d’être les Vikings du tournoi.”
Évidemment, ça fait parler. Certains trouvent ça épique. D’autres trouvent ça kitsch, caricatural.
Mais c’est justement ça, une mythologie. Ce n’est pas neutre. Ce n’est pas tiède.
La fédé explique qu’elle veut montrer que l’équipe représente toute la Norvège. Les fjords. L’histoire. Les clichés aussi. Ils embrassent tout.
Pour les marques, il y a une leçon : Savoir assumer ses symboles. Aller jusqu’au bout de son imaginaire. Même si ça dérange un peu.
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Mythologie de marque : bien plus qu’un storytelling PowerPoint
Parce que c’est ça, une mythologie de marque.
Ce n’est pas juste un storytelling PowerPoint. C’est l’histoire que tu te racontes. Et que tu rejoues en boucle.
En images. En mots. En décisions.
Certains experts en branding parlent d’“identity myth”. Un mythe identitaire.
C’est un récit qui vient répondre à quelque chose de plus profond chez ton audience. Une tension. Un manque. Une envie.
Dans le cas de la Norvège, le mythe, c’est quoi ? C’est le petit pays qui revient. Après près de trente ans d’absence. Avec une génération en or. Et qui ne vient pas faire de la figuration.
Ils ont un héros, Haaland. Ils ont un ennemi symbolique. Les grandes nations installées. Et leur propre passé de ratés, de qualifications manquées. Tout ça, c’est une histoire. Mais ce n’est pas une histoire inventée. C’est du vrai.
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Comment trouver sa propre mythologie
D’où tu viens.
La Norvège vient d’une longue traversée du désert.[bbc]
Toi, peut-être que ta marque vient d’une frustration.
D’un secteur nul.
D’une expérience perso.
Qui est ton héro ?
Qui est ton Haaland et ton Ødegaard.
Pour eux, c’est clair.
Pour toi, ça peut être ton produit phare.
Ton média.
Ton fondateur.
Ta communauté.
Quel imaginaire tu assumes.
Eux, c’est Vikings.
Nord. Froid. Bataille.
Toi, ça peut être la rue.
L’atelier.
La cuisine.
La salle de sport.
Le garage.
Qui est ton ennemi symbolique.
Pour la Norvège, c’est l’anonymat.
Les “grandes” nations qui ne les prennent pas au sérieux.
Pour toi, ça peut être la complexité.
Le bullshit.
La lenteur.
La culpabilité.
Et surtout.
C’est quoi ta “photo Viking”.
Si tu devais tout résumer en une image.
Un format.
Une série de contenu.
Ce serait quoi.
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Un exemple avec la marque Liquide Death qui a su travailler sa propre mythologie
D’où elle vient ?
Liquid Death, c’est de l’eau en canette, née en 2018 à Los Angeles. À la base, une frustration : les boissons “cool” sont pleines de sucre, et l’eau plate est présentée comme un truc triste, fade, “healthy chiant”. L’idée de départ est presque une blague de créatif : “Et si on brandait de l’eau comme un groupe de metal, pour ridiculiser le marketing boisson ?”.
Qui est son héros ?
Chez Liquid Death, le héros, ce n’est pas l’eau. C’est le misfit, le skater, le punk, la personne qui veut boire de l’eau mais garder son image de bad boy ou de bad girl. Le fondateur, Mike Cessario, joue aussi le rôle de narrateur-anti-marketeur, le mec qui connaît les codes de la pub et qui les détourne en mode troll. La “communauté” est héroïsée : fans de metal, créateurs, comédiens, qui participent aux délires de la marque.
Quel imaginaire elle assume.
Liquid Death, c’est crânes, cercueils, flammes, tournées “metal”, fausses pubs d’horreur, fausses associations caritatives absurdes. Ils jouent à fond la carte du death metal, du film de série B, du “so stupid it works”, avec un ton ultra irrévérencieux. Leur univers, c’est la scène, les concerts, les skateparks, pas le rayon eau minérale “bien-être”.
Qui est son ennemi symbolique.
L’ennemi de Liquid Death, c’est le marketing beige. Les bouteilles plastiques “pures”, “naturelles”, toutes identiques, et le greenwashing façon montagne bleue en Arial. Ils déclarent aussi la guerre au plastique, avec leur tagline “Death to plastic bottles”, et positionnent l’alu comme plus vertueux. Et plus largement, ils s’opposent à la coolitude artificielle des marques boissons traditionnelles : eux veulent être plus drôles, plus trash, plus honnêtes sur le côté absurde du marketing.
C’est quoi sa “photo Viking”.
Pour Liquid Death, la “photo Viking”, ce sont leurs canettes elles-mêmes : des tall boys qui ressemblent à des bières de festival ou des energy drinks de metal, avec des crânes et un logo agressif. C’est aussi leurs campagnes vidéos hyper exagérées, type fausse pub années 90, rituels sataniques ou concerts hardcore autour… d’une bouteille d’eau. En un visuel, tu comprends le mythe : “C’est juste de l’eau, mais on va tuer ton ennui et ton image de mec ennuyeux.”

