Épisode 1476 : Sur les réseaux, le making of n’est plus une story jetée à la va‑vite entre deux posts, c’est un contenu à part entière qui se pense comme une œuvre en soi.
La vidéo “behind-the-scenes” est à considérer au même niveau éditorial que la vidéo zéro.
Un bon exemple avec la nouvelle campagne de la marque drole de monsieur.
https://www.instagram.com/reel/DXbxet6DGtv/?igsh=aTdxZXptZW5oNzI0
Pourquoi le « comment c’est fait » nous obsède
Le “comment c’est fait” appuie sur plusieurs boutons psychologiques très humains : curiosité, besoin de contrôle, identification, sentiment de compétence.
On a envie de voir l’envers du décor parce que ça donne l’impression de “comprendre le système”, de ne plus être seulement spectateur mais presque initié.
https://www.instagram.com/reel/DXpYjzbjEkb/?igsh=eDQwd28zbGplbHpv
Autre point, le behind the scenes casse la distance, il expose les imperfections, il rappelle qu’il y a des humains, pas seulement une façade de marque. C’est un vrai levier d’authenticité.
On retrouve aussi un ressort presque narratif : une histoire est plus intéressante quand on voit les obstacles, pas uniquement la réussite finale.
Le making of installe crée la tension là où la vidéo finale ne montre que la résolution du problème. Le cerveau accroche sur les difficultés, les doutes, les micro‑échecs, parce que c’est plus proche de l’expérience vécue.
L’effet IA : quand le process devient plus spectaculaire que le résultat
L’explosion de ce type de contenus, tient aussi à l’abondance de contenu AI Slop. L’IA a galvaudé le contenu.
https://www.instagram.com/reel/DXg8h5LjfuT/?igsh=MWw2Y2toc3NlZ2h3cQ==
Le rendu final perd de sa valeur, car il devient presque trivial de produire quelque chose de “correct”.
Pire : l’IA pourrait endommager la perception sur le contenu
Le rapport de l’Institut Nuremberg pour les décisions de marché publié en 2025 précise même que le simple fait d’étiqueter un contenu comme « généré par l’IA » suffit à en dégrader la perception — moins naturel, moins utile, moins engageant.
Dans ce contexte, montrer le process humain derrière un contenu devient une preuve. Une preuve que quelqu’un a réfléchi, choisi, arbitré, bricolé.
Ce qui est spectaculaire et divertissant c’est comment on le fait.
Les coulisses performent (souvent) mieux que la version finale
les formats qui donnent accès aux coulisses affichent des niveaux d’engagement élevés, parfois supérieurs aux contenus “produits”.
Les gens ont davantage envie de réagir à un moment de tournage qui dérape, à une hésitation ou à une explication de choix créatif qu’à un contenu “parfait” qui appelle seulement un like poli.
Les ratés comme carburant de lien
Au‑delà du making of propre, il y a une catégorie de contenus qui explose : les ratés assumés, les “behind the scenes”. Ces. Contenus dans lesquels on montre quand ça ne marche pas, quand ça casse, quand ça tombe à côté.
Ces moments “non scriptés” renforcent la confiance et l’attachement. Ils donnent la sensation d’un accès privilégié, d’une intimité relative avec le créateur ou la marque.
Changer sa manière de produire : documenter par défaut
Tout ça a une conséquence très opérationnelle : si tu veux capter cette valeur, tu dois changer ta manière de produire. Tu ne peux plus te contenter de penser en termes de livrable final
Je produit un contenu Hero, il me fait absolument au moins une vidéo behind the scène.
Documenter, ça veut dire quoi dans les faits ? Filmer le set‑up avant le tournage, garder les prises ratées, enregistrer les séances de brainstorming, capturer l’écran pendant le montage, prendre des photos des différentes versions d’un visuel.

