Nous sommes en janvier 2026.

Et soudain, Internet décide qu’il en a marre de 2026.

En quelques semaines, TikTok et Instagram sont frappés par une énorme vague de nostalgie. Les feeds se remplissent de photos floues, de looks un peu datés, de filtres approximatifs et de playlists de l’été 2016.

Bref : ramenez-nous dix ans en arrière.

D’après TikTok, les recherches autour de « 2016 » ont bondi de 452 % en une semaine. Plus de 55 millions de vidéos ont été publiées sur le thème du revival 2016.

À première vue, rien de très mystérieux.

2016, c’était il y a dix ans. La nostalgie adore les comptes ronds.

Sauf qu’il y a quelque chose de plus intéressant derrière ce revival.

@_caamcaam_

Je suis la trend #2016 mais version musique 🥰 #trend

♬ son original – NLDiii🇦🇱

Ceux qui republient 2016 avaient parfois quinze ans à l’époque. 

Et ce qu’ils pleurent aujourd’hui, ce n’est pas seulement leur adolescence.

Ils regrettent une certaine idée d’Internet qui n’existe plus.

Celui des photos ratées. Des stories sans montage. Des posts publiés sans stratégie. Des amis dans le feed plutôt que des créateurs, des marques et des contenus recommandés.

–

Au-delà du social media, la nostalgie touche la GenZ plus globalement

Parmi les signaux forts on peux parler du retour de l’analogique et des objets. Non connectés svp.

La vente CD est en progression, +10% par an en France.

https://snepmusique.com/communiques-dossiers-de-presse/bilan-2025-snep/

Les appareils photo des années 2000 sont ultra demanés. Canon dit que les ventes de ses compacts PowerShot ont été multipliées par près de sept entre 2022 et 2026.

https://www.npr.org/2026/07/15/nx-s1-5879158/old-school-digicams-are-everywhere-why


—

Nostalgiques d’une appli vieille de seulement six ans

Il y a un indice assez fascinant : cette nostalgie touche désormais des plateformes qui ne sont même pas vieilles.

Selon un sondage Harris, 79 % des utilisateurs TikTok de la Gen Z disent regretter les débuts de l’application.

TikTok.

https://fortune.com/2026/03/10/gen-z-nostalgic-for-old-tiktok-more-into-youtube-harris-poll

On peut donc désormais être nostalgique d’un Internet idéalisé vieux de seulement six ans.

Quand on regarde ce que les utilisateurs regrettent précisément, ça devient encore plus parlant.

72 % trouvent que les contenus sont aujourd’hui davantage mis en scène. Sont fake.

41 % regrettent l’époque où il y avait moins de publicité et moins de marques.

60 % disent faire moins confiance à la plateforme qu’auparavant.

Ils ne regrette pas simplement une époque.

Ils regrettent l’internet d’avant sa professionnalisation et sa monétisation.

–

Le raz bol du grand remplissage

Au coeur de cette envie d’avant, il y a la question des algorithmes.

Force est de constater qu’en 10 ans ton premier contact avec une plateforme social media a drastiquement changé. En 2016, quand j’ouvrais un compte Instagram je découvrais un feed rempli de gens que je connaissais. En 2026, c’est bien différent. 

https://www.instagram.com/reels/DTx62FViC4x

Une expériencerience réalisée par Kapwing, un éditeur de logiciel de montage vidéo.
Ils ouvrent un compte TikTok entièrement neuf.

Aucun historique. Aucun abonnement. Aucun signal envoyé à l’algorithme.

https://www.kapwing.com/resources/the-tiktok-ai-slop-report

Kapwing observe ensuite les 500 premières vidéos servies dans le fil « Pour toi ».

Résultat : 294 sont classées comme du contenu IA de faible qualité. 294 sur 500.

Soit 59 %.

Le même test réalisé sur YouTube Shorts donne 21 %.

Le résultat est : il raconte le premier contact.

Quand l’algorithme ne sait encore rien de vous, une partie importante de ce qu’il choisit de vous montrer est désormais fabriquée par des machines. Le premier contact avec le web de 2026 peut donc être beaucoup moins humain qu’avant.

Et c’est là que la nostalgie de 2016 prend un autre sens.

Ce qu’elle commémore n’est peut-être pasun esthétique mais aussi l’humain.

–

Ils utilisent l’IA, ils pleurent l’humain

Il y a un paradoxe assez intéressant, notamment en France.

En 2025, 85 % des 18-24 ans ont utilisé l’intelligence artificielle générative.

Les jeunes adultes sont donc, très largement, la génération la plus équipée et la plus familière avec ces outils. Et ce sont aussi eux qui semblent manifester le plus fortement cette envie d’un web plus artisanal, plus imparfait, plus humain.

https://www.vie-publique.fr/en-bref/301989-barometre-du-numerique-2026-48-dutilisateurs-de-lia

La génération qui maîtrise le mieux la machine est peut-être aussi celle qui voit le plus vite ce qu’elle est en train de remplacer.

–

Les GenZ veulent se débrancher, mais en public

Ce malaise commence à produire des comportements très concrets.

Selon l’Insee, en 2024, 47 % des 20-34 ans déclaraient essayer de limiter leur temps d’écran.

Moins de la moitié y parvenaient.


Les Gen Z essaient de négocier avec leur propre usage.

Et ces envies de déconnexion prennent parfois des formes très visibles.

On peut par exemple souligne les initiatives du Offline Club. 32k followers sur Instant am

https://www.instagram.com/theofflineclub_paris/?hl=fr

Sur TikTok, le hashtag #analog rassemble près de 250 000 contenus.

Et toute l’ironie de notre époque tient probablement là-dedans :

on déconnecte, puis on poste sa déconnexion.

On achète un téléphone à clapet, puis on fait un TikTok dessus.

On retourne au vinyle, puis on photographie sa platine pour Instagram.

–

Je suis tombé sur une interview de la chercheuse Élodie Gentina qui décrit ces comportements comme « une manière de ralentir le présent ».

https://www.linkedin.com/posts/elodie-gentina_la-gen-z-nest-pas-nostalgique-de-son-enfance-ugcPost-7419369618022080512-8Pgx

Pour elle la nostalgie n’est pas un refuge.

 C’est un message.

–

Ce que ça raconte

Alors non, la Gen Z n’est pas soudain devenue réactionnaire.

Elle ne veut pas nécessairement revenir vivre en 2016.

Elle essaie peut-être plutôt de récupérer quelque chose qu’elle a vu disparaître extrêmement vite :

la certitude qu’en ligne, quelqu’un lui parlait.

…

Retrouvez toutes les notes de l’épisode sur www.lesuperdaily.com ! 

Le Super Daily est le podcast quotidien sur les réseaux sociaux. Il est fabriqué avec une pluie d’amour par les équipes de Supernatifs. Nous sommes une agence social media basée à Lyon : https://supernatifs.com. Ensemble, nous aidons les entreprises à créer des relations durables et rentables avec leurs audiences. Ensemble, nous inventons, produisons et diffusons des contenus qui engagent vos collaborateurs, vos prospects et vos consommateurs.



Partager cet épisode

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *