Épisode 1499 : C’est déjà la rentrée et il s’est passé beaucoup de choses pendant l’été alors on vous propose un petit récap de ce qu’il ne fallait pas louper !

YouTube gonfle ses vues : on va tous avoir l’air plus gros

Gros changement du côté de Youtube en cette fin d’été. 

Depuis le 24 août, YouTube compte une vue dès que la lecture démarre.

Dès la première image.

Jusqu’à présent, la logique était différente. Pour les vidéos longues de Youtube il fallait un temps de visionnage minimal avant de comptabiliser une vue. 

30 secondes.

Ce seuil disparaît : une vue est comptée dès la première image.

Et cela concerne tous les formats de vidéo : Long format. Shorts. Live.

Une vidéo qui se lance automatiquement sur la page d’accueil peut donc générer une vue.

Même si l’utilisateur passe immédiatement à autre chose.

Mécaniquement, les compteurs publics vont augmenter.

Certaines chaines vont voir leurs compteurs exploser. 

Mais attention ce ne sera pas nécessairement un gain d’audience.

Ni un gain d’intérêt. C’est avant tout un changement comptable.

Pourquoi YouTube fait ça ?

Parce que YouTube était devenu une anomalie dans l’écosystème social.

TikTok compte une vue dès le démarrage de la vidéo.

Instagram fait la même chose.

Les Shorts fonctionnaient déjà avec cette logique.

YouTube aligne donc tous ses formats.

Et surtout, il aligne son compteur public avec les standards que les créateurs, les marques et les agences regardent déjà ailleurs.

Résultat : les créateurs auront un chiffre plus élevé.

Un chiffre plus simple à montrer.

Et un chiffre plus comparable entre les plateformes.

L’ancienne définition de la vue ne disparaît pas.

Elle change de nom. Elle s’appelle désormais l’engaged view.

YouTube explique que cliquer sur une miniature et commencer à regarder compte comme une vue engagée. À l’inverse, un simple démarrage en autoplay compte comme une vue publique.

Un vue devient une vue engagée que si je continue à regarder au-delà des premières secondes.

Instagram lance « First Draft » pour simplifier la création de Reels

Instagram ajoute un nouvel outil baptisé First Draft, pensé pour accélérer très fortement la première étape du montage d’un Reel.

Le principe : l’utilisateur sélectionne plusieurs vidéos présentes dans son téléphone et Instagram génère automatiquement un premier montage.

First Draft identifie des portions pertinentes dans les différents rushs, coupe notamment les temps morts et assemble le tout en une seule vidéo. 

L’objectif n’est pas de livrer un Reel complètement terminé, mais de fournir une première base de montage en quelques secondes.

Le créateur peut ensuite reprendre cette proposition et continuer son édition normalement.

Au lancement, la fonctionnalité est disponible sur l’application Instagram pour iPhone. 

Derrière cette fonctionnalité relativement simple, l’enjeu plateforme est intéressant.

Instagram cherche encore à réduire la friction entre le moment où une vidéo est tournée et celui où elle devient un Reel publiable.

Le montage reste en effet une étape qui peut demander du temps, notamment lorsqu’un créateur accumule beaucoup de rushs.

First Draft déplace donc une partie de ce travail directement dans Instagram.

C’est aussi une manière pour la plateforme de renforcer son écosystème d’outils créatifs natifs.

Et donc potentiellement d’éviter que les créateurs passent systématiquement par une application tierce pour réaliser leur montage.

Pour les community managers et créateurs de contenu, le gain potentiel est surtout opérationnel : arriver beaucoup plus vite à un premier rough.

Ça peut être particulièrement intéressant pour les formats récurrents et les contenus nécessitant de sélectionner rapidement des séquences dans plusieurs longues vidéos.

La logique n’est donc pas de remplacer le travail créatif mais de raccourcir le chemin jusqu’au premier montage exploitable.

Une petite fonctionnalité, mais qui illustre parfaitement la bataille actuelle des plateformes : simplifier au maximum la production de vidéos courtes. 

https://www.socialmediatoday.com/news/instagram-launches-first-draft-for-reels/828789

La publicité dans ChatGPT est désormais accessible en libre-service en France.

Concrètement, une marque peut créer son compte, renseigner un moyen de paiement et lancer elle-même sa campagne. 

Jusqu’ici, pour faire de la pub dans ChatGpt il fallait passer par les équipes commerciales d’OpenAI et investir au moins 50k dollars.

Aujourd’hui, ce ticket d’entrée disparaît.

Chat GPT crée une vraie régie publicitaire grand public.

Comment ça fonctionne

Le produit ressemble déjà à un gestionnaire de campagnes classique et bien évolué.

Vous connaissez les ads Meta ou Google Adwords. Et bine c’est la même chose.

Je chois des objectifs : portée ou clic, je crée des campagnes, des annonces.

Je peux installer un pixel sur mon site pour tracer mes résultats.

La grosse différence c’est le ciblage

Chez Open AI on n’achète pas des mots-clés.

On fournit des « context hints ».

En clair : on indique les types de conversations, de sujets ou d’intentions où sa marque peut être pertinente.

Par exemple une marque de vélo électrique pourrait préciser qu’elle souhaite voir ses annonces s’afficher quand la conversation de l’utilisateur tourne autour des contextes  trajet domicile-travail, de la mobilité urbaine, ou de l’aide à l’achat.

Aussi, OpenAI ne prendra pas en compte les conversations passées.

Pas de logique de centre d’intérêt comme sur Meta.

C’est de la publicité conversationnelle.

TikTok pourrait influencer directement les comportements alimentaires des adolescents

Ici, on touche à un sujet très intéressant autour de l’influence réelle des contenus TikTok sur les comportements de consommation.

Une étude menée par des chercheurs de l’Université du Minnesota s’est intéressée à l’impact des contenus alimentaires TikTok sur les adolescents.

Elle a été publiée dans le Journal of Nutrition Education and Behavior

Attention à la méthodologie : l’échantillon est petit.

Les chercheurs ont organisé quatre groupes de discussion semi-structurés réunissant 25 adolescents âgés de 15 à 16 ans, issus d’un lycée du Midwest américain.

On ne peut donc pas généraliser quantitativement les résultats à l’ensemble des adolescents.

Déjà un peu de contexte plate-forme, la food est omniprésente présente sur TikTok, sur la for you page, dans explore. Le #food est l’un des plus puissants et selon l’étude on est en moyenne touchés 17 x par heure par des pubs pour de la food. (Toutes les 3min30)

Partant de cette petite étude les témoignages permettent d’observer certains mécanismes d’influence.

Les chercheurs identifient notamment un premier thème : les contenus alimentaires TikTok peuvent déclencher l’appétit et l’envie de manger chez les adolescents interrogés. 

Plusieurs facteurs entrent en jeu : les tendances, les publicités, la manière dont la nourriture est présentée, les commentaires, les influenceurs ou encore le contexte dans lequel les vidéos sont regardées.

Les publicités alimentaires sur TikTok ont suscité le désir pour les aliments affichés, tandis que les clips TikTok créés par des influenceurs ont eu un impact encore plus important sur le désir croissant de produits alimentaires spécifiques. (Ou à l’inverse de stopper l’envie d’un produit)

Autrement dit, ce n’est pas seulement le produit alimentaire qui compte.

C’est tout le contexte social, la mise en scène qui l’accompagne.

Le deuxième enseignement concerne les parents.

Les adolescents interrogés décrivent leurs parents comme globalement peu impliqués dans leur utilisation de TikTok.

D’un point de vue marketing, c’est intéressant parce que l’étude illustre la capacité du contenu social à intervenir très près d’un comportement de consommation concret : voir, avoir envie, vouloir essayer.

Elle rappelle aussi pourquoi les tendances food sont particulièrement puissantes sur TikTok : elles mélangent produit, démonstration, recommandation sociale et répétition algorithmique.

Mais les auteurs restent prudents : ils demandent désormais des recherches quantitatives supplémentaires pour mesurer réellement l’impact sur l’alimentation.

Ce que montre cette étude, plus précisément, c’est que les adolescents interrogés rapportent une influence des contenus food TikTok sur leur appétit et leurs comportements alimentaires

https://www.socialmediatoday.com/news/tiktok-may-influence-teen-eating-behaviors/828664

Meta veut transformer nos commentaires Instagram en lead

Meta teste une nouvelle option publicitaire sur Instagram.

Ca s’appelle : Reply to Keywords.

Le principe est très simple.

Une marque diffuse une publicité Instagram.

Dans cette publicité, elle invite les gens à commenter un mot précis.

« GUIDE ».

« INFO ».

« PRIX ».

« RECETTE ».

« CODE ».

Et dès qu’un utilisateur laisse ce mot en commentaire, Instagram lui envoie automatiquement un message privé.

Une marque de mobilier sponsorise un Reel. Dans le texte de statut je met commente plan et on te fait suivre notre guide poru optimiser tes espaces…

Dans le message je peux intégrer un lien, Un code promotionnel, une invitation pour une prise de rendez-vous, ou une question pour mieux qualifier le lead.

Le « comment to DM » n’est pas une invention.

Des outils tiers le proposent déjà depuis longtemps.

C’est le cas par exemple de Manychat.

La nouveauté c’est que Meta souhaite l’intégrer directemnt dans l’As Manager.

Plus d’outils tiers complexes à paramétrer, tout au même endroit.

Et cela peut tout changer dans l’adoption par les annonceurs.

Attention : ce n’est qu’un test. Accessible à certains annonceurs et uniquement sur Instagram pas Facebook. Meta n’a pas annoncé de calendrier de déploiement général.

Meta paye la facture et met en place des mesures pour protéger les jeunes

Le 26 août, Meta a accepté de payer environ 18 milliards de dollars Pour régler un procès intenté par une coalition de 29 procureurs généraux des États américains qui alléguaient que Meta avait sciemment créé des applications addictives et nuisibles conçues pour maximiser l’utilisation et le profit.

Meta a conclu un accord d’environ 18 milliards de dollars dans le cadre d’une procédure menée par des États américains accusant l’entreprise d’avoir conçu des services addictifs et nocifs pour les jeunes. 

Mais le montant du règlement n’est qu’une partie de l’histoire.

Meta s’engage surtout à mettre en place aux États-Unis de nouvelles restrictions pour les utilisateurs de moins de 18 ans.

  • Facebook et Instagram auront notamment une limite quotidienne par défaut de deux heures cumulées.
  • Les applications Meta seront bloquées par défaut entre minuit et 6 heures du matin.
  • Les notifications seront également coupées par défaut pendant les horaires scolaires, de 8 h à 15 h.
  • Et les adolescents pourront choisir un feed non algorithmique comme feed par défaut

L’option « faites une pause est activée chez 1,8% des ados sur Insta.

Ça pose évidemment une question majeure : comment Meta va-t-il identifier correctement l’âge de ses utilisateurs ?

C’est aujourd’hui l’un des points faibles de quasiment toutes les politiques de protection des mineurs.

Meta affirme y avoir bloqué 750 000 comptes de mineurs ne respectant pas l’interdiction locale, mais le régulateur australien indique que des jeunes continuent à contourner les contrôles, notamment en modifiant leur date de naissance. 

Autre subtilité importante : Messenger et WhatsApp sont exclus des limitations de temps, du mode nuit et du mode école afin de permettre aux jeunes de rester en contact avec leurs proches.

Meta protège donc une partie importante de son écosystème conversationnel.

Et l’entreprise pousse parallèlement TikTok et YouTube à adopter des protections similaires.

C’est là que l’affaire devient stratégique pour l’ensemble du marché social.

Les data d’usage montre d’ailleurs que (97) TikTok et (87)YouTube enregistreraient davantage de temps passé quotidien que les plateformes de Meta (73 et 67)

Une limite uniforme pourrait donc potentiellement pénaliser davantage ces concurrents. 

Pour les annonceurs ciblant les adolescents, ces restrictions pourraient mécaniquement réduire certains inventaires et certaines occasions de contact.

En gros l’impact global sur le business de Meta devrait rester limité, notamment parce que les jeunes continueront vraisemblablement à ouvrir les applications et que la messagerie reste accessible.

Cet été, la France a adopté une loi prévoyant d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, mesure définitivement votée par le Parlement le 21 juillet. 

Le même texte a aussi étendu l’interdiction du téléphone portable aux lycées dès la rentrée 2026, complétant l’interdiction qui existait déjà à l’école et au collège — et cette mesure, elle, est bien entrée en vigueur. 

Mais le 14 août, le Conseil constitutionnel a censuré l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, jugeant l’atteinte à la liberté d’expression et de communication disproportionnée ; Emmanuel Macron a depuis demandé au gouvernement de préparer une nouvelle version du dispositif.



Partager cet épisode

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *