Épisode 521 : Mais que se passe-t-il ? Google et Facebook ont-ils vraiment travaillé main dans la main pour tuer la concurrence sur le publicitaire ? 2 géants du web, 2 GAFA ont ils unis leur force pour s’assurer que personne ne viennent marcher sur leur plates bandes ? On décrypte avec vous l’affaire « Jedi Blue ». Une affaire qui va faire beaucoup parler ces prochaines semaines !

Scoop du New York Times

C’est un scoop, un coup de tonnerre qui nous vient du New York Times.

Google et Facebook auraient signé un accord secret en vue de saper la concurrence sur le marché très lucratif de la publicité en ligne.

Lien vers l’article du New York Times

Tout a commencé le 16 décembre 2020 au Texas. Un groupe de procureurs généraux emmenés par l’État du Texas, a déposé une nouvelle plainte contre Google. Pour situation d monopole et abus de position dominante sur le marché publicitaire dans le moteur de recherche.

Les procureurs mettent notamment en cause le design du moteur de recherche de Google et la mise en avant systématique de ses propres produits publicitaires au détriment d’autres acteurs.

Mais ce n’est pas tout… Les journalistes du NY Times sont parvenus à mettre la main sur des documents top secret révélant un accord entre les 2 géants : Google et Facebook.

Le nom de cet accord très secret « Jedi Blue ».

De quoi il est question dans l’affaire Jedi Blue ?

Google tire une bonne partie de ses revenus du publicitaires de son inventaire. En gros si j’ai un site je peux allouer certain espaces à de la publicité et dealer avec Google pour qu’il affiche ces publicités à cet endroit.

En 2017, Facebook envisage sérieusement de venir concurrencer Google sur son terrain de chasse : son réseau d’affichage publicitaire.

Google propose alors à la firme de Zuckerberg un deal en or. Vous ne venez pas sur notre terrain mais par contre on se débrouille pour que vous puissiez accéder de façon prioritaire et à rabais à notre inventaire.

En 2017, Facebook crée Facebook Audience Network sur la base d’un deal avec Google

En 2017 Facebook lance le Facebook Audience network.

Une offre publicitaire qui propose à tout le monde d’afficher des publicités Facebook ailleurs sur le web en passant par le système d’enchère de la plateforme Facebook.

Facebook signe d’ailleurs plusieurs accords publicitaires en direct avec The Washington post, Forbes ou encore le Daily mail.

En face Google ne compte pas se laissé faire et se rapproche de mark Zuckerberg avec une proposition difficile à refuser. Option 1 embaucher des centaines d’ingénieurs supplémentaires et dépenser des milliards de dollars pour rivaliser avec Google. Option 2 signer un deal.

Les 2 géants signent donc en secret un accord : Le Blue Jedi.

En gros, Facebook devient revendeur d’espace pub Google dans le plus grand secret. Un revendeur qui profite de tarifs super compétitifs.

Jedi Blue : une entende déloyale

Le New York Times révèle que Google a donné un sérieux coup de pouce à Facebook pour remporter les enchères avec les différents médias en ligne en lui fournissant des informations supplémentaires sur les autres offres de publicité.

Une data parfaite, pour peaufiner les négociations et surenchérir sur les meilleurs dossiers vendus par Google à ses partenaires.

En contrepartie, Facebook s’est engagé à participer à au moins 90 % des négociations et à investir avec certitude à hauteur de 500 millions de dollars par an chez Google.

Google a même truqué des enchères pour que Facebook soit garanti de remplir son Facebook Audience Network

Google et Facebook se seraient entendus pour qu’un pourcentage « fixe » d’enchères soit remporté par le groupe de Mark Zuckerberg.

Enfin, Google a décalé avec Facebook un prix négocié hors norme

Le NY Times nous apprend que l’entente allait encore plus loin puisque les frais de transaction que devait Facebook à Google étaient de 5 à 10%, alors qu’ils tournent plutôt autour des 20% pour les autres annonceurs.

En Face, c’est l’omettra et on peine à trouver des témoignages

Chez les concurrents, la situation est complexe. On a l’impression d’assister à un procès de la Camora.

Seulement six des 25 autres partenaires de Google ont pour l’instant accepté de témoigner pour l’enquête dru NY Times. En core sous couvert d’anonymat néanmoins.

Pourquoi ? Ils ont peur.

Malgré leur intérêt à casser le pouvoir des GAFA, ces partenaires en craignaient les répercussions et qui fragiliserait leur relation avec le tout puissant Google.

Les 2 géants savaient qu’ils étaient Borders et avaient anticipé une crise

Encore plus accablant, le New York Times révèle qu’une clause de l’accord « Blue Jedi » exigeait que les deux géants coopèrent et se prêtent assistance en cas d’enquête sur leurs pratiques.

L’accord mentionnait d’ailleurs le terme antitrust au moins 20 fois.

Pourquoi c’est grave et ça risque de déstabiliser tout l’écosystème de la publicité en ligne

Si une collusion apparente était corroborée, cela minerait davantage la confiance dans la publicité numérique – en particulier si un taux de victoire garanti est confirmé.

Le manque de transparence ne contribuera guère à susciter la confiance des annonceurs et il est vraisemblable que les législateurs mettent encore davantage leur nez dans les affaire des GAFA.

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